Google Print : sujet polĂ©mique…
Google envisageait, il y a quelques mois, de louer des livres en ligne. C’est Le Wall Street Journal qui a révélé l’information dans une de ses éditions du mois de Novembre 2005 en précisant que Google serait en discussion avec un éditeur de livres afin d’expérimenter son projet. Cela fait longtemps que Google s’intéresse au marché du livre mais sans s’en s’attirer la bienveillance et le soutient des acteurs du marché de l’édition.
Eric Schmidt et Larry Page ont profité du CES de Las Vegas pour annoncer que le groupe allait peut-être lancer une libraire en ligne[1].
Après avoir fait beaucoup de bruit à la fin de l’année 2004, avec Google Print, le titanesque projet de numérisation des livres très critiqué par les européens, Google a revu sa copie car obtenir les permissions en terme de copyright est un énorme défi que va devoir relever Google pour mener à bien son projet. De cette condition va dépendre l’entrée ou non de Google dans l’univers du livre numérique. Google Print devenu Google Book Search, service de recherche de contenu axé sur les livres, a déjà numérisé plusieurs milliers d’ouvrages et a commencé à mettre cet archivage à disposition des internautes. Pour trouver un livre, il suffit d’inscrire les termes recherchés pour afficher les liens vers les ouvrages. De plus Google offre un certain nombre d’autres informations tel que le nom de l’éditeur, la date de publication, le nombre de pages, etc.
Mais les nombreuses oppositions des éditeurs et auteurs freinent l’ambition débordante de Google et ont entrainé le ralentissement du projet de création d’un index répertoriant « tous les livres de la planète ».
Aujourd’hui Google cherche à contourner le problème en s’offrant le copyright des ouvrages et en envisageant une librairie payante en ligne.
Cette annonce, avec celle concernant le lancement du Google Vidéo Store au CES, constituent un véritable tournant pour la stratégie du groupe, qui va proposer désormais à ses usagers de payer pour un contenu exclusif. Le marché du téléchargement de la vidéo à la demande bien qu’encore naissant est prometteur alors que du côté des éditions électroniques de livres, le concept est plus ancien, mais a du mal à décoller. Concernant la lecture numérique, plusieurs entreprises comme Sony restent enthousiastes. La société japonaise a d’ailleurs présenté en janvier 2005 un lecteur portable spécialement dédié à la lecture de livres numérisés. Il n’est donc pas étonnant de retrouver sur ce secteur Google, qui est connu pour sa réactivité et son ambition.
Google travaille avec les universités de Harvard, Stanford, Oxford, Michigan et la librairie publique de New York sur ce projet de numérisation. Et le groupe doit être rapide car il n’est pas le seul à œuvrer sur la numérisation de livres comme le prouve l’Open Content Alliance (Yahoo) qui planche déjà sur un projet similaire.
Google vient d’annoncer à la mi mars 2006 qu’il allait proposer un nouveau service de consultation payante de livres. La librairie payante en ligne « made in Google » vient donc de naître. Le site Google Book Search permettra de consulter les livres à l’aide d’un navigateur spécifique et sera donc en partie payant : certains livres consultés seront facturés et les éditeurs pourront fixer eux-mêmes le prix de cette consultation.
En fait, les ouvrages du domaine public, libres de droits, resteront consultables par les internautes en totalité et gratuitement alors que ceux soumis au Copyright pourront être consultés soit gratuitement, si l’éditeur l’autorise, soit en payant.
Après s’être inscrit au « Partner Program » et justifié de ses droits de propriété intellectuelle, l’éditeur ou l’auteur-éditeur partenaire de Google pourra décider de comment et à quel prix peuvent être consultés les livres qu’il soumettra à Google pour être numérisés et diffusés sur Internet. Ce service de Google existe déjà mais ne proposait jusqu’alors qu’un seul mode de visualisation, gratuit pour les internautes. Ce mode n’affichait que des extraits très courts du texte autour des mots-clés recherchés et renvoyait ensuite l’internaute vers le site de l’éditeur ou des sites de librairies en ligne pour acheter l’ouvrage. Aujourd’hui, avec cette extension, l’éditeur pourra indiquer à Google d’autoriser l’exploration avancée du contenu de ses livres et il fixera lui-même le prix de cette consultation. Google Book Search facturera le lecteur internaute, qui ne pourra pas copier (ni en partie ni en intégralité) ou télécharger le texte de l’ouvrage sauf s’il l’achète. Dans ce cas, Google reversera le montant des droits de consultation à l’éditeur après avoir prélevé un pourcentage.
Avec cette approche de modèle économique partagé, l’éditeur fixant son prix et Google encaissant un pourcentage, le géant du Net espère attirer les éditeurs de livres des Etats-Unis et de Grande-Bretagne ; le service étant proposé pour l’instant qu’aux seuls éditeurs britanniques et américains.
Mais il n’est pas certain que cette orientation de Google vers un modèle marchand satisfasse les nombreux éditeurs mécontents du service Google Book Search. Il est important de rappeler que cinq maisons d’édition américaines ont déposé plainte en 2005 contre Google s’opposant à la numérisation des livres sans leurs autorisations. Il ne faut pas oublier également les nombreuses critiques qui sont formulées à l’égard de Google et qui sont particulièrement virulentes en France notamment. En effet, Google Book Search n’est pas complètement opérationnel dans l’hexagone : très peu de résultats sont disponibles dû au fait que l’indexation d’un livre dépend de l’accord entre l’éditeur français et Google, ce qui semble poser problème aujourd’hui, notamment au niveau des droits d’auteurs.
Google, via Google Book Search, adopte clairement un nouveau modèle économique : la consultation payante de livres via un partenariat commercial avec les maisons d’édition.
Google réussira-t-il dans ce domaine malgré les nombreuses oppositions évoquées précédemment et une concurrence qui s’accroît ? Google va notamment devoir faire face à un concurrent européen qui est la Bibliothèque Numérique Européenne (BNE), qui prévoit la numérisation de 6 Millions d’ouvrages en 2010[2].
Dans tous les cas, ce nouveau projet rĂ©vèle les ambitions du moteur d’occuper tous les terrains Internet encore non dĂ©frichĂ©s qu’il trouve, et qui peuvent ĂŞtre des relais de croissance. Et peu importe qu’ils soient aussi des lieux de polĂ©miques…
[1] « CES : Google souhaite ouvrir une librairie payante en ligne », 10 janvier 2006, www.silicon.fr.
[2] « BNE : 6 millions d’ouvrages en 2010 », 3 mars 2006, www.atelier.fr.
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La liste des produits et services Google - Google-Stories.com a écrit,
Posté le 9 avril, 2007 @ 1:14
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