Stratégie Google : une diversification des revenus s’impose
Plusieurs pistes ont déjà été envisagées par Google pour diversifier ses revenus et donc limiter les risques de dépendance trop forte aux profits générés par la publicité via les liens sponsorisés.
En termes d’activité publicitaire, la publication des résultats 2005 a été notamment l’occasion pour les dirigeants de Google d’affirmer leur intention de se diversifier, en investissant d’autres supports publicitaires online (ex : bannières de publicités animées) et offline comme la presse écrite, la radio voire la télévision.
Aujourd’hui une partie de la stratégie de développement de Google passerait par la généralisation de son savoir-faire publicitaire hors du champ premier de l’Internet. De nouveaux débouchés semblent pouvoir provenir de tests effectués par Google concernant la publicité papier dans la presse traditionnelle. Ainsi, Google a réservé en septembre 2005 des espaces publicitaires dans des revues papier américaines, PC Magazine et Maximum PC, pour en faire profiter certains de ses annonceurs[1]. Un encart présentant des publicités pour cinq à six annonceurs (ayant payé 1 000 US$ leur insertion) s’est affiché dans ces journaux dans une édition de septembre 2005. Google a indiqué qu’il s’agissait là d’un test permettant de jauger de nouveaux débouchés pour son offre de liens sponsorisés.
Par ailleurs, Google a, au début de l’année 2006, fourni des annonces dans le Sun-Times. Il s’agissait, selon le Chicago Business, d’un test ne portant que sur des espaces publicitaires invendus du Sun-Times, et dans lequel certain des annonceurs cités dans les annonces Google se sont vus « offrir » le passage de l’annonce, en raison de leur bonne performance dans le programme Adwords.
Cette offre publicitaire « papier » peut être intéressante pour Google. En effet, pour les annonceurs, l’attrait est colossal : avec des critères de segmentation bien définis, ces derniers pourraient toucher en « couplé » des internautes et des lecteurs d’une région géographique limitée. C’est pour profiter de cette opportunité qu’aux Etats-Unis, Google commence à vendre (depuis septembre 2005) de la publicité pour les magazines offline via la régie « Google Publications Ads » (version bêta).
Google a Ă©galement fait son entrĂ©e dans le marchĂ© de la radio avec le rachat en janvier 2006 de la sociĂ©tĂ© dMarc Broadcasting, une sociĂ©tĂ© californienne gĂ©rant une plate-forme de distribution de publicitĂ©s pour les radios[2]. Cette rĂ©gie publicitaire amĂ©ricaine est spĂ©cialisĂ©e dans la mise en place automatisĂ©e de campagnes radios, et dans le reporting : elle simplifie la mise en place des campagnes pour les annonceurs et le « remplissage » des spots pour les stations de radio. Mais ce qui est intĂ©ressant pour Google, c’est que dMarc Broadcasting est un Ă©diteur de systèmes publicitaires numĂ©riques pour stations de radio. Dans un communiquĂ©, le groupe indique qu’il compte intĂ©grer la technologie de dMarc à sa plate-forme publicitaire Adwords afin d’ouvrir un nouveau marchĂ© aux annonceurs. « […] Google plans to integrate dMarc technology into the Adwords platform, creating a new radio ad distribution channel for Google advertisers »[3]. Avec l’intĂ©gration d’Adwords, cette plate-forme permettrait à Google d’inclure la radio dans son offre publicitaire et ainsi diversifier ses revenus.
Il ne reste plus que la télévision en temps réel et Google aura mis en place sa diversification et mis un pied sur tous les grands médias publicitaires. Pour l’instant aucun projet concret concernant la télévision n’a vu le jour mais avec Google, il ne faut pas oublier que rien n’est impossible. Aurons-nous à attendre encore longtemps ?
Comme nous l’avons vu dans ce chapitre, il est nécessaire aujourd’hui pour Google de diversifier ses revenus et d’être moins dépendant des liens sponsorisés, son fond de commerce.
Google a commencé à envisager de nombreux débouchés potentiellement intéressants pour la diversification de son chiffre d’affaires et peut compter sur sa capitalisation boursière qui lui confère d’importantes ressources financières. Tim Armstrong, vice-président de Google et chargé des ventes de la publicité a déclaré récemment que « Google s’est engagé dans l’exploration de nouvelles méthodes d’extension de la publicité ciblée et mesurable à d’autres formes de médias » [4]. Ainsi Google pourrait devenir la régie publicitaire du futur.
Cependant Google ne semble pas vouloir s’arrêter à un simple développement de supports publicitaires et désire mettre sa soif d’innovation au service d’une diversification encore plus importante de ses activités et donc de ses revenus. Google recherche en fait de nouveaux business models qui ne sont pas liés à la publicité et à la recherche en ligne
[1] « Google teste le marché publicitaire de la presse papier », jeudi 1er septembre 2005, www.zdnet.fr.
[2] « Google étend ses ambitions publicitaires aux radios », La Tribune, 18 janvier 2006, p.14
[3] « Google to Acquire dMarc Broadcasting », 17 janvier 2006, Google Press Center
[4] « Google s’initie à la publicité radio », 18 janvier 2006, www.VNUnet.fr.
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