Il y a quelques jours, nous apprenions que Google et Cap Gemini signaient un accord de distribution permettant Ă la SSII française d’ajouter Ă son portefeuille produits la suite Office de Google « Google Apps Premium Edition».
Il n’en fallait pas plus pour que Microsoft sorte les griffes, et envoie une communication par email Ă certains de ses clients :
« Nous croyons que la compĂ©tition est bĂ©nĂ©fique pour les consommateurs et pour l’industrie. Ceci Ă©tant dit, nos clients nous disent que nos solutions apportent la facilitĂ© d’utilisation, la robustesse et la sĂ©curitĂ© dont les entreprises ont besoin. Cela valide notre sentiment perçu lors de cette annĂ©e 2007, avec plus de 90% des entreprises qui ont renouvelĂ© leur contrat de licence avec nous dans le dernier trimestre de notre annĂ©e fiscale. Notre long engagement Ă rĂ©pondre aux besoins complexes des entreprises, un Ă©cosystĂšme composĂ© de partenaires utilisateurs de la plateforme Office qui a cru de 43% l’an dernier et nos actuels et futurs investissements dans nos logiciels et nos services dĂ©livrerons encore plus de flexibilitĂ© Ă nos clients. »
Puis Microsoft poursuit en suggérant également une liste de 10 questions que doivent ce poser les clients à propos de la suite Office en ligne de Google :
Google proclame avoir pour clients des entreprises, mais combien y a-t-il vĂ©ritablement d’« UTILISATEURS » de leurs applications dans l’entreprise ?
L’historique des produits Google se traduit par la mise en ligne de logiciels inaboutis qu’on appelle des versions bĂȘta, avec une planification des mises Ă jour que Google est seul Ă connaĂźtre, chose contraire Ă ce que les entreprises veulent et attendent de leurs partenaires technologiques, donc que fait Google pour indiquer Ă ses clients que leurs nĂ©cessitĂ©s sont bien prises en compte ?
Google racole les clients avec le faible coĂ»t de ses applis, non pas seulement sur le prix, mais Ă©galement sur le fait que Google Apps n’a besoin ni de ressources matĂ©rielles, ni de stockage ni de maintenance. Pourtant, si Google Apps est vĂ©ritablement complĂ©mentaire Ă la suite Office de Microsoft, alors les coĂ»ts augmentent de fait pour l’entreprise puisqu’elle se retrouve dĂ©sormais Ă devoir gĂ©rer et maintenir deux systĂšmes IT. Cela ne dĂ©bouche-t-il pas sur une complexitĂ© accrue et des coĂ»ts plus importants ?
Le mĂ©tier principal de Google, c’est la recherche monĂ©tisĂ©e par la publicitĂ©. Leur cible sur les entreprises et, Ă prĂ©sent, les applicatifs logiciels, est une cible marginale, conjuguĂ©e Ă d’autres cibles marginales qui ne reprĂ©sentent pas plus d’1% du C.A. de Google. Que se passera-t-il si l’implĂ©mentation de ces produits s’avĂšre insatisfaisante ? RĂ©duiront-ils le service Ă la portion congrue et arrĂȘteront-ils les frais dans les plus brefs dĂ©lais ? Ou les clients doivent-ils juste espĂ©rer que cela ne se produira pas ?
Google Apps fonctionne seulement si l’entreprise n’a pas de gros utilisateurs, si les employĂ©s sont “always on”, et que les entreprises n’ont pas dĂ©veloppĂ© d’applications Office personnalisĂ©es Or ce panorama de la situation ne correspond-il pas Ă un trĂšs faible pourcentage de la population globale des travailleurs de l’information aujourd’hui ? Donc si l’on compare les fonctionnalitĂ©s, il n’est pas Ă©tonnant que Microsoft dispose d’une avance considĂ©rable.
Les applis Google n’ont pas certaines fonctionnalitĂ©s essentielles d’aide Ă la crĂ©ation de documents, telles que la prise en charge des en-tĂȘtes et des pieds de page, des tables des matiĂšres, des notes, etc […]
Les entreprises ne doivent jamais perdre de vue les exigences rĂ©glementaires et lĂ©gislatives. Donc s’il est vrai que Google peut stocker en trĂšs grande quantitĂ© les donnĂ©es des entreprises sur ses serveurs, celles-ci n’ont aucun moyen facile et automatisĂ© de supprimer rĂ©guliĂšrement ces donnĂ©es, de traiter les aspects lĂ©gaux propres Ă des documents spĂ©cifiques ou d’en faire remonter des copies. Que se passera-t-il donc le jour oĂč elles seront amenĂ©es Ă rĂ©pondre Ă des exigences rĂ©glementaires ? […]
Il est impĂ©ratif pour le monde des affaires, connectĂ© en permanence, qu’il puisse toujours compter sur un support technique 24/7. Si une entreprise dĂ©ploie Google Apps et rencontre un problĂšme technique Ă 8pm PST, dĂ©solĂ©, mais rien Ă faire ! Est-ce que les heures d’ouverture de l’assistance technique de Google (1AM-6PM PST) sont les nouveaux horaires des acteurs Ă©conomiques mondialisĂ©s ? […]
Google indique que les entreprises n’utilisent aujourd’hui que 10% des fonctionnalitĂ©s des applications bureautiques, ce qui implique que CHAQUE utilisateur n’a besoin que de ces 10% de fonctionnalitĂ©s, alors qu’en fait il est clair que dans chaque entreprise diffĂ©rentes fonctions doivent pouvoir avoir accĂšs Ă des informations donnĂ©es, auquel cas de quelle maniĂšre la trop vague stratĂ©gie de Google peut-elle satisfaire les exigences spĂ©cifiques de ces utilisateurs ?
Les produits Google Apps Ă©tant perpĂ©tuellement en version bĂȘta, et Google contrĂŽlant quand et si de nouvelles versions ou fonctionnalitĂ©s doivent ĂȘtre implĂ©mentĂ©es, les clients n’ont qu’un contrĂŽle infime - s’ils en ont - sur la planification relative Ă l’implĂ©mentation desdites versions ou fonctionnalitĂ©s. […]
Bref, il n’en fallait pas plus pour voir une rĂ©action de Mountain View, qui semble-t-il choisit la publicitĂ© pour son droit de rĂ©ponse…le tout Ă©tant tout de mĂȘme moins long Ă lire et probablement tout autant percutant.

La guerre est déclarée !
[Propos traduits et librement repris de Jean-Marie Le Ray de l’excellent blog Adscriptum . Gif animĂ©s via le tout aussi excellent Zorgloob].