8 avr, 2008
Le débat sur la vie privée et la confidentialité des données n’en fini pas entre l’Union Européenne d’un coté, et le moteur de recherche Californien de l’autre.
Réunis dans le cadre du G29, les principaux représentants des pays européens ont insisté sur la nécessité de ne pas conserver les données informatiques des internautes plus de 6 mois, dans un rapport daté du Vendredi 4 avril.
La réaction de Google, principal intéressé de cette législation, n’a pas tardé à réagir sur son Public Policy Blog par l’intermédiaire de Peter Fleischer, Global Privacy Counsel.
« Alors que le groupe de travail [de la commission européenne] avait indiqué sa satisfaction suite à la décision de Google de limiter la conservation des données confidentielles à 18 mois, les conclusions récentes du rapport [du G29] indique que cette période pourrait être encore trop longue » a déclaré Fleischer.
Il a Ă©galement indiquĂ© que Google utilise les adresses IP pour combattre la fraude au clic, amĂ©liorer l’efficacitĂ© du moteur et permettre le ciblage socio-dĂ©mographique, entre autres. Et de poursuivre par « la façon dont les donnĂ©es sont utilisĂ©es, pour amĂ©liorer l’expĂ©rience du consommateur sur le web, est malheureusement un point de vue oubliĂ© des discussions sur la confidentialitĂ© en ligne ».
« Réduire et adapter aux réels besoins la période de rétention, permettrait de redonner confiance aux utilisateurs et pourrait même devenir un avantage compétitif important » a indiqué le groupe de travail de l’UE.
La décision de la commission devrait être valable pour toute entreprise, y compris celles dont le siège social est hors des frontières européennes. Le non respect des décisions prises pouvant conduire à des amendes financières.
Notons enfin que Google a gagné le Big Brother Awards Ô combien symbolique, décerné par Privacy International, pour l’ensemble de son œuvre en terme d’atteinte à la vie privée.

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10 juin, 2007
Privacy International (PI) est une ONG fondĂ©e en 1990 qui milite pour la dĂ©fense des Droits de l’homme, en particulier contre la violation de la vie privĂ©e commise par les gouvernements et autres organisations.
Dans son dernier rapport, PI s’intéresse aux politiques de confidentialité des données de 22 sociétés Internet. Au classement général, Google obtient la plus mauvaise note, suivi par Yahoo, Windows Live Spaces, Apple et AOL.
Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles Google arrive dernier et unique société à hériter du titre de « Hostile à la confidentialité » :
- Les adresses IP ne sont pas considérées comme des informations personnelles. Ils ne pensent pas qu’ils collectent des informations sensibles.
- Politique de confidentialité vague, incomplète et parfois trompeuse. Les documents n’expliquent pas le processus de gestion et de traitement de l’information.
- Généralement peu de suivi aux plaintes des clients. Les techniques et technologies sortent souvent sans consultation préalable adéquate du public (Sreet View sur Google Maps).
- Va utiliser la technologie DART (Dynamic Advertising Reporting & Targeting) de Doubleclick.
- Les utilisateurs de Google qui utilisent régulièrement ses services doivent accepter que la société conserve une large quantité de données sur eux, la plupart du temps pour une durée non précisée ou indéfinie, cela sans possibilité de limiter l’accès aux données ou de supprimer les informations confidentielles même si l’utilisateur ne désire plus utiliser le service.
- Google maintient l’ensemble des logs de recherches effectuées via son moteur ainsi que l’adresse IP associée et les conserve pendant 18-24 mois, et ne donne pas la possibilité à l’utilisateur de supprimer les informations. Même s’il est vrai que la loi américaine n’impose pas de durée maximale légale de conservation des informations, les experts de la vie privée estiment que 18-24 mois est un délai inacceptable et probablement illégal dans la plupart des pays du monde.
- Google a accès à d’avantage d’information personnelle, comme les hobbies, l’employabilité, l’adresse, le numéro de téléphone, information contenu dans les profils Orkut (ndlr, réseau social de Google). Google maintient souvent ces données et les conserve même si l’utilisateur supprime son compte.
- Google conserve les requêtes de recherche de telle manière qu’elles permettent une identification personnelle mais ne fournit aucun moyen d’accès ou de modification de ces données à ses utilisateurs.
Le verdict de l’étude est sans appel : Google est déclaré comme « hostile to Privacy », et est classé seul dans la catégorie peu enviable de « Surveillance globale de l’utilisateur et hostilité à la confidentialité établie ».
Le rapport conclu par « la frénésie pour capturer les revenus de la publicité en ligne à travers l’exploitation des nouvelles technologies va constituer l’un des plus grands enjeux sur la confidentialité de ses dernières décennies ».
Google a rĂ©agi vivement Ă ce rapport en indiquant « Nous sommes très déçu par le rapport rendu par Privacy International, qui se base sur de nombreuses inexactitudes et incomprehensions de nos services. C’est une honte que PI ait dĂ©cidĂ© de publier son rapport avant mĂŞme que nous n’ayons l’opportunitĂ© de discuter de nos pratiques de confidentialitĂ© avec eux».
La confidentialité des données est belle et bien le talon d’Achille de Google, et le moteur devra probablement communiquer encore d’avantage sur sa politique de conservation des données et sur l’utilisation qu’il compte en faire s’il veut apaiser les critiques qui se font de plus en plus nombreuses.
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