Contraint par la justice belge, Google a finalement publié sur son portail belge Google.be la sanction prononcée par le tribunal de première instance de Bruxelles (Lire notre article Google.be défiguré suite au jugement du tribunal de Bruxelles). L’histoire aurait pu s’arrêter là si Google n’avait pas décidé d’agir à son tour en utilisant ses propres armes.
Rappelons le contexte. Google a été attaqué en justice pour violation des droits d’auteurs par les éditeurs de presse belges francophones, représentés par l’organe Copiepresse. Ces derniers reprochent notamment à Google de ne pas avoir obtenu de permission pour indexer leurs contenus rédactionnels via son agrégateur d’information Google News. Le 5 septembre, le tribunal de première instance de Bruxelles avait contraint Google News à purger de la version belge de son site, à partir du 18 septembre, tous les articles des journaux francophones et germanophones du pays adhérents à Copiepresse.
Après avoir été contraint de publier sur son portail Google.be et sur Google News la condamnation du tribunal, Google a semble-t-il pris la décision de réagir en désindexant intégralement les pages pointant sur les organes de presse qui l’ont attaqués.
Ainsi, le site LeSoir.be n’est plus référencé dans Google.be au jour d’aujourd’hui.

Lesoir.be désindexé de Google.be
Notons que le portail français Google.fr quant à lui référence toujours le site web.

Résultats pour Lesoir.be sur Google.fr
Il en est de même pour Lalibre.be, site de La Libre Belgique ou encore celui de La Dernière Heure . Cependant, étant donné le nombre important d’articles qui étaient référencés, il est impossible de déterminer si ces titres sont totalement absents des résultats du moteur de recherche actuellement.
Google mentionne également en dessous de la recherche pointant sur chacun des sites la phrase suivante: “En réponse à une demande légale adressée à Google, nous avons retiré XXX résultat(s) de cette page. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette demande, vous pouvez consulter le site ChillingEffects.org“.
Ces organes de presse n’espéraient peut-être pas une désindexation totale de la part de Google, en tout cas pas sur le portail belge Google.be.
Au dire de la rédaction LeSoir.be, « Les annonceurs paient des pages qui sont réellement vues par les internautes (coût par impression). Ils ne seront donc pas lésés. D’autant que l’érosion n’est pas aussi catastrophique que certains le prédisaient, que du contraire. Nombre d’internautes vont directement sur les sites de Lalibre, de la DH, du Soir et des autres (source) ». Si ces mêmes sites tirent avantage aujourd’hui d’une couverture médiatique internationale, il n’en sera peut-être plus le cas dans les jours et mois prochains.
Mais pourquoi ces organes de presse se sont-ils tiré une balle dans le pied� Google avec son outil d’agrégation d’informations Google News apporte du trafic aux différents quotidiens du monde entier, et particulièrement en Europe, ou Google domine outrageusement le marché de la recherche. Leurs demandes pour ma part auraient été légitimes si Google se permettait de rentabiliser son service en diffusant par exemple de la publicité sur Google News, chose qu’il se refuse pour l’instant, probablement pour ces mêmes raisons de copyright.
La presse belge francophone risque d’en payer le prix fort en perdant une visibilité chère sur Internet. L’objectif d’un quotidien n’est t-il pas d’être le plus lu, et donc le plus visible?
La solution en Europe devra nécessairement passer par un accord clair et précis entre les organes de presse et les moteurs de recherche quant à la diffusion de l’information soumise au copyright, comme cela a été le cas aux Etats-Unis. La situation d’aujourd’hui a au moins le mérite de soulever un épineux problème latent qu’il convient de régler au plus vite.